Les phrases qui tuent

« Ce n’est qu’un cas isolé, les gynécos ne sont pas tous comme ça ! »
Certes. Mais ils forment une corporation très solidaire. Même ceux « qui ne sont pas comme ça », défendent et couvrent leurs confrères. De façon plus générale, il y a un vrai problème de culture professionnelle, et les abus criards n’en sont que le signe le plus visible. D’ailleurs, nous ne pouvons pas vraiment connaître le nombre de cas. Il n’y a aucun chiffre, aucune étude officielle. Dire qu’ »ils ne sont pas tous comme ça » signifie surtout que le système est très bien, circulez il n’y a rien à voir.

« C’est incroyable ! »
Non, ce n’est pas incroyable, surtout dans une petite structure, où un saint père règne en maître absolu dans le poulailler. L’obéissance et l’omerta sont de mise. Toutes les conditions sont réunies pour un bon petit scandale. Il se peut qu’il n’y ait pas d’agression, et la plupart du temps il n’y en a pas, mais si passage à l’acte il y a, ce n’est pas un hasard.

« Alors, t’a gagné ? »
Mais oui, bien sûr ! Bienvenue au monde de Oui-Oui !

« Bien sûr je te compatis/soutiens/blablabla, mais ce n’est pas la bonne façon d’en parler, ce n’est pas constructif »
La meilleure façon de parler d’un problème, c’est celle qui convient à l’intéressé. Chaque cas est unique, chacun s’exprime à sa façon. Quand on parle de sa propre vie, on n’est pas le porte-drapeau d’une cause, et ce n’est pas aux autres de dicter ce qu’on a le droit de dire et comment.

«Les femmes ont le droit de dire non ! »
Le « droit de dire non » est une phrase qui sert surtout à culpabiliser les victimes qui ne portent pas plainte. L’idée est juste, mais il ne faut pas oublier qu’on a aussi le droit de payer des milliers d’euros pour des procédures perdues d’avance, que l’adversaire a le droit de se défendre à coups de mensonges et de faux témoignages, et que le « droit de dire non » va de pair avec le devoir d’assumer ses propos, au cas où on était accusée de diffamation.

« Porter plainte est un devoir ! »
Oui, mais non. C’est vrai qu’un grand nombre de plaintes peut servir de preuve. Mais d’un autre côté, on ne peut pas exiger qu’une personne très timide ou en difficulté supporte l’épreuve d’une procédure. C’est un peu comme déchirer une liasse de billets de mille euros, et parler de ses parties intimes à des inconnus. Comment ça, vous n’avez pas envie ? Ben alors !

«J’espère de tout cœur qu’ils seront condamnés »
Merci, c’est très gentil. Je sais, l’intention est bonne, mais pffff… Comment voulez-vous faire condamner les agresseurs s’il n’y a pas assez de preuves ? Pour qu’il y ait des preuves, il faudrait des témoignages. Et c’est là le problème. Dans une organisation extrêmement hiérarchique et corporatiste, personne n’ira jamais dénoncer ses confrères. Ce qu’il faudrait espérer de tout cœur, c’est un peu plus de démocratie et de transparence dans l’organisation hospitalière. Comme ça, il y aurait déjà moins d’incidents, et on n’aurait même pas besoin d’aller au tribunal.

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