« Mais ce n’est pas possible »

Tout le monde sait qu’une agression sexuelle dans une maternité est impossible parce que…

«qui aurait l’idée d’agresser une femme dans cet état ! »
Mouais. Ah mais oui, j’avais oublié que la femme enceinte n’est pas une femme. Elle n’a pas de sexualité. Non mais sérieusement, nous sommes à quel siècle, déjà ?
»ce sont des professionnels, ils ont l’habitude de voir des femmes nues».
Ce raisonnement est totalement faux. Il est basé sur une légende urbaine selon laquelle l’agresseur sexuel serait excité par la vue des parties du corps qu’il n’a pas « l’habitude » de voir. En réalité, l’agresseur cherche surtout à posséder et à dominer sa victime. Cela n’a donc rien à voir avec le nombre de détails anatomiques qu’il a pu voir au cours de sa carrière. Dans les agressions sexuelles en général, il est moins question de sexe que de domination.
»ils ne sont pas tellement fous qu’ils détruiraient leur carrière ! »
C’est exact. C’est pourquoi la plupart de ces agressions ont lieu peu avant le départ à la retraite.
»ils ne prendraient pas un tel risque inutilement »
Il y a des individus qui ont un besoin compulsif de prendre des risques. Cette attirance irrationnelle pour le risque ne dépend pas du milieu social ou du niveau d’études. Jérôme Kerviel savait que ses transactions délirantes étaient passibles de sanctions lourdes, mais cela ne l’a pas empêché d’aller toujours plus loin. Le risque peut devenir comme une drogue.
»il y a tellement de procès maintenant qu’ils font très attention »
Là, on mélange tout ! Le fameux risque médico-légal qui sème la panique dans les maternités, concerne surtout les affaires de responsabilité civile. En cas d’erreur qui laisse des séquelles lourdes, comme un handicap permanent, les victimes doivent faire face à des dépenses astronomiques, et ils ont besoin de se faire indemniser. Cela passe généralement par une expertise judiciaire, que les gens soient procéduriers ou pas, le système est ainsi fait. Maintenant, les affaires d’agressions sexuelles n’ont rien à voir avec ces questions. On est dans une problématique de procédure pénale, et les règles sont les mêmes que pour n’importe quel autre agression sexuelle : il est difficile voire impossible de prouver les faits, la plaignante est soupçonnée de mentir, elle doit être capable de s’exprimer en publique sur des choses qui touchent à son intimité… La grande majorité des victimes d’agressions sexuelles renoncent à porter plainte, quels que soient le lieu et les circonstances de l’agression.

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