Couac my tits UMP, ou ma lettre ouverte à la droite française

En attendant la très hypothétique prochaine audience, j’ai le temps de régler les comptes avec tout le monde. Je commence par la droite. (AVERTISSEMENT : Je ne vise pas l’ensemble de la bourgeoisie française, il y a toujours des exceptions qui confirment la règle. Je pense notamment à quelques amies catholiques que je connais depuis un certain temps ; que ceux qui ne sont pas visés, ne se fâchent pas !) J’aurais préféré écrire « f*** my tits », mais je me suis dit que ça ne serait pas raisonnable, pas très chrétien, et en plus j’aurais des ennuis avec WP. Donc, hack my tits !
Chers amis de la « France d’en haut », je vous côtoie assez souvent : je suis parent d’élève active dans le collège et école privés de mes enfants, et en plus je suis souvent invitée à des cocktails dans le milieu professionnel de mon mari. C’est dire que je commence à vous connaître ! Vous me voyez toujours souriante et polie, mais vous vous doutez certainement que je ne dis pas tout, que je cache des choses, comme vous aussi d’ailleurs.
A priori, j’ai tout pour être votre amie : j’ai grandi dans un milieu où toute ma famille était plus ou moins de centre-droite libérale, version nordique bien sûr, mais quand même. Dans ma jeunesse j’ai eu l’occasion de visiter quelques pays communistes, et cette expérience m’a tellement marquée que j’ai été vaccinée à vie contre toute forme de marxisme. Pas mal, non ? Je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous dites que les sosos détruisent les entreprises, là vous avez toute ma sympathie. Mais voilà, ma sympathie s’arrête là.
Vous connaissez très bien les besoins des entreprises, et c’est très bien. Le problème, c’est que dans tous les autres domaines, vous êtes totalement nuls, et c’est dommage pour votre crédibilité, et c’est même dommage tout court.
Dans un autre billet, j’ai raconté longuement ma procédure à l’Ordre des Médecins. J’ai été révoltée par ce simulacre de justice, et je me demande comment cela est encore possible au 21ème siècle. Il se trouve j’ai googlé les membres des deux jurys qui ont jugé mon affaire, et parmi les membres, il y avait quand même plusieurs militants UMP. Avez-vous une idée de ce que je pense d’eux ? Des has-been ridicules qui ne servent à rien ! D’ailleurs c’est l’existence même de cet ordre professionnel qui me choque ; crée sous Vichy, il aurait dû être dissout il y a longtemps. Pourquoi une telle aberration existe encore ? Parce que la droite, et aussi une partie de la gauche modérée, le permet. Pourquoi il n’y a que la nébuleuse extrême-gauche-écolo qui dénonce le scandale ? Chers amis de la droite française, vous vous ridiculisez, vous faites honte à votre pays.
Bien sûr vous avez appris à être un peu féministes, vous avez remarqué que ça marche bien de nos jours. Vous dénoncez volontiers les violences faites aux femmes dans les transports en commun et autres lieux publiques. Très bien, c’est important, et je suis parfaitement d’accord. L’ennui, c’est que vous ne reconnaissez pas les autres formes de violences. Dans l’immense majorité des affaires d’agressions sexuelles, le profil de l’agresseur ne correspond pas à l’image classique du « voyou », cet « individu suspect » qui sévit dans le métro, les parkings et les ruelles sombres. Bien sûr je ne veux pas nier la réalité de la violence de rue, et je veux exprimer toute ma sympathie et mon soutien aux victimes. Seulement, il ne faut pas oublier que seuls 5% des agressions sexuelles se passent dans ces conditions. Beaucoup plus de femmes sont agressées à la maison, à l’hôpital, ou sur le lieu de travail. Mais vous n’en avez rien à faire, puisque ce n’est pas conforme avec votre idéologie.
Depuis que j’ai été victime d’agression sexuelle à la maternité, je m’intéresse aux questions de la naissance respectueuse, et je découvre qu’en France, c’est un sujet très idéologique. La naissance respectueuse est un thème qu’on cultive beaucoup dans les milieux de gauche-écolo-bobo-altermondialiste. En France, il n’y a qu’eux qui ont encore deux neurones connectées ? En France, il faut être soso-coco-écolo pour s’intéresser au respect de l’intégrité des femmes ! Non mais.
Depuis ces derniers temps, vous insistez beaucoup sur l’importance de la différenciation des sexes, et vous dénoncez les dérives d’une prétendue « théorie du genre ». Très bien, mais soyez logiques ! Vous voulez qu’une femme ressemble à une femme, mais si vous croisez une femme comme moi, qui ai une poitrine volumineuse, vous me regardez de travers parce que vous trouvez cela un peu mauvais genre, limite vulgaire. Vous avez peur que je vous vole vos maris à l’occasion d’un cocktail à cent balles ? Sérieusement, vos pauvres bonshommes ne m’intéressent pas. Vous n’aimez pas que je porte ma veste de tailleur déboutonnée parce qu’on voit trop bien ma silhouette. Vous ne comprenez pas que si je boutonne ma veste, c’est cent fois pire ! Il faut être une femme, mais pas trop, parce que trop c’est trop. Vous affirmez haut et fort que vos ventres ne sont pas des caddies. Très bien ! Mais je ne vous ai jamais vus dénoncer les dérives de la tradition obstétricale française, paternaliste et misogyne, qui considère la femme enceinte comme un objet, une non-femme. Vous êtes scandalisés par les plages naturistes, et vous avez peut-être raison, même si les gens qui y vont, le font par choix, sans contrainte, et sans rien imposer aux autres. Cette forme de nudité vous choque, mais vous n’êtes pas du tout choqués par les mises à nu violentes et les gestes excessivement invasifs qu’on impose aux femmes dans certaines maternités. Pour vous c’est un non-sujet qui n’a pas d’importance. Les militantes féministes soso-coco-écolos sont plus intélligentes que vous.
F*** my tits, UMP ! Je dis ça, je suis de droite !
Voilà, j’étais peut-être un peu directe, désolée. Dans mon prochain billet, je vais adresser deux-trois mots à mes amies féministes de gauche. A très bientôt…

Publicités