Presque comme une victoire

Je reçois un message de l’avocat de cassation. Il me fait par de la décision du Conseil d’Etat, concernant ma demande d’annulation de la décision de l’ordre des médecins.
Il m’annonce que ma demande a abouti, la décision a été annulée pour un vice de forme. J’ai eu de la chance : dans la rédaction du texte de la décision, il y a de grosses erreurs qui entraînent quasi automatiquement la nullité. C’est pourquoi les autres motifs de ma demande n’ont même pas été examinés par le jury.
C’est donc un peu comme une victoire. Je peux dire « j’ai gagné en cassation ». Ce n’est pas rien.
Le seul ennui, c’est que l’affaire est renvoyé devant l’ordre des médecins, qui doit se prononcer une nouvelle fois. Là, je n’ai rien à espérer. Ca sera pareil que la première fois, perdu d’avance. Je demande à mon avocat s’il est possible d’arrêter la procédure à ce stade. J’ai envie de finir sur une petite note de victoire. A priori, cela semblerait possible. J’ai encore le temps de réfléchir, la nouvelle audience n’aura certainement pas lieu avant l’année prochaine.
Le lendemain, j’apprends aussi par mes connaissances que Dr VieuxPépère a été condamné à quelques mois de prison avec sursis, dans le cadre d’une autre affaire. Je n’en sais pas plus, mais je suis heureuse d’apprendre cette nouvelle !

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Le grand paquebot de la justice ordinaire

Après presque une année supplémentaire d’attente, je reçois enfin la convocation du juge d’instruction.
Comme d’habitude, o’organise la journée longtemps à l’avance : j’inscris les enfants à la cantine et à la garderie (heureusement dans ma commune, je peux le faire facilement par internet !), je regarde les horaires des transpors en commun, et je prévois un plan B en cas d’imprévu (enfants malades, grève des transports…).
Mon avocat n’est pas disponible le jour du rendez-vous, donc il sera remplacé par sa jeune associée. Tout s’annonce bien, mais je suis stressée. La nuit qui précède le rendez-vous, j’ai du mal à dormir.

La matinée commence comme d’habitude. Avant de partir au collège, mon aîné me demande si je suis stressée. Oui, un peu, mais pas trop, non, c’est pas dramatique. J’emmène les trois petits à l’école. J’essaie de m’occuper en faisant un peu de repassage. Je reçois un appel de l’école primaire. Mon deuxième se sent mal, il faut que j’aille le chercher. Heureusement j’ai encore le temps. De toutes façons, je lui avais bien précisé que s’il se sent malade, il faut le dire avant la première récré, après ça sera trop tard. Je vais donc chercher numéro deux à l’école. Manifestement il est malade, mais je vois qu’il est content de rentrer à la maison. Il s’installe tout de suite devant sa tablette. C’est cool, les microbes de l’hiver ! Je lui laisse de quoi manger à midi. Il se débrouille bien tout seul pendant deux ou trois heures, il a bientôt 11 ans. Je pars, je suis confiante, mais je stresse.

Sur le chemin, je dépose les lunettes de l’un des enfants chez l’opticien. Les opticiennes sont adorables, comme d’habitude. Une petite halte sympathique sur ce chemin de galère. Les trains circulent normalement. J’arrive devant le palais de justice à l’avance. Je trouve un café pas loin. Je bois un grand café crème. Pour tuer le temps, je fais encore un tour dans un magasin, qui ne m’intéresse pas du tout. Je me dirige finalement vers l’entrée du palais de justice. Il ressemble à un ferry à l’heure de l’embarquement. Il y a des gens de tous les styles et de toutes les conditions. Il y a des visages inexpressifs, il y a aussi de grandes émotions. Chacun réagit à sa façon. C’est le moment qu’ils attendent depuis longtemps. A l’entrée, il y a un contrôle de sécurité, un peu moins détaillé qu’à l’aéroport quand même. Je fonds dans la masse de justiciables ordinaires.

Je retrouve l’avocate devant le bureau dont le numéro figure sur la convocation. Nous avons un peu de temps pour discuter, elle me donne des conseils. J’en ai assez de ces procédures, j’ai envie de tourner la page. Je ne suis plus une jeune accouchée mais une maman d’ados, le stress post-traumatique est disparu. J’ai juste envie de finir cette affaire d’une manière aussi favorable que possible.

Nous sommes enfin invitées à entrer. La juge d’instruction est une jolie petite femme d’une soixantaine d’années. Elle a une belle poitrine. Je suis sûre que dans sa jeunesse, elle en a morflé avec les hommes. J’ai donc bon espoir. Elle ne me considère peut-être pas à priori comme une mythomane hystérique. C’est déjà ça. Cela ne m’empêche pas d’être extrêmement stressée. J’ai presque l’impression d’avoir la tête qui tourne.

L’entretien se passe bien. On reste sur les faits, c’est très sérieux. Mes dépositions sont prises au sérieux, et notés sur un compte rendu par la secrétaire. La juge me trouve tout à fait crédible, mais regrette néanmoins le manque de preuve formelle, comme c’est souvent le cas dans ce type d’affaires. Je suis contente de l’entretien : malgré la faiblesse des preuves, ma parole est prise au sérieux. Je ne risque pas d’être accusée de mensonge. C’est l’essentiel. Cela me convient, je peux arrêter la procédure ici.

Je suis soulagée. Je n’ai plus besoin d’y retourner. J’ai envie de passer à autre chose.

Moi aussi, je suis Charlie !

Je suis Charlie. Et non, je n’ai jamais été lectrice de cette publication que je trouvais plutôt médiocre quoique parfois amusant. Je ne suis pas de la même famille politique –mais pour tout dire je n’ai pas de famille politique, donc voilà. Certains dessins étaient d’un mauvais goût, mais en même temps j’ai toujours aimé les livres de Charb, et je trouvais quand même un côté fort sympathique chez chacun de ces personnes qui ne sont plus parmi nous, mais qui nous ont laissé de bons souvenirs.
Une qualité que je ne peux pas leur nier, c’est qu’au moins ils ont été égalitaires dans leurs provocations qui visaient les religions. Aucune n’a été épargnée, toutes ont été traitées avec le même goût de la provocation.( J’ai vu leur une sur la « vraie naissance de Jésus », qui a apparemment heurté la sensibilité d’un bon nombre de catholiques. Ce dessin met en scène la vierge Marie allongée sur le dos, les jambes écartées, mais avec la tête de l’enfant Jésus devant quand même. Pour moi, qui suis de confession luthérienne et originaire du grand nord, cette image n’est pas franchement blasphématoire. Je la qualifierais plutôt de catho-formatée, de ringarde et de médiocrement pitoyable. Pourquoi ? Parce que tout le monde sait que Jésus est sorti par voie naturelle, et que par la suite, Marie a eu d’autres enfants. Rien de bouleversant dans tout cela. Par contre, ce qui m’agace dans ce dessin, c’est que Marie accouche en position gynécologique, allongée sur le dos les jambes écartées devant les regards. En réalité, cette façon d’accoucher n’a été inventée que des siècles plus tard, puis quasiment abandonnée, sauf notamment en France et aux USA, où on la voit encore dans quelques maternités. C’est dangereux et dégradant pour la femme, et il n’est pas étonnant qu’il y ait une certaine corrélation entre cette pratique et la culture de viol obstétrical. J’espère au moins que les catholiques qui se sont fâchés devant ce dessin, le fassent à bon escient : s’il vous est choquant de voir la vierge Marie représentée ainsi, il devrait en être de même pour toutes les autres femmes. J’entends encore parler des maternités catholiques où on accouche systématiquement en position gynéco. Ca, c’est choquant. )

Ceci étant dit, et la petite parenthèse fermée, je pense que je suis quand même un peu Charlie. Je suis coupable d’une sorte de blasphème, aussi. Non pas contre les religions ; je crois en Dieu à tel point que dans ma jeunesse, j’ai même envisagé de devenir pasteure. Il ne me viendrait pas à l’idée de me moquer des convictions religieuses des autres, aussi différentes soient-elles. Mais il y a d’autres domaines où j’ai bien l’impression de franchir les lignes. Dans un pays laïque comme la France, où le spirituel est cantonné à la sphère privée, il y a quand même des tabous et des choses qui ont quelque chose de sacré. Je m’en suis bien aperçue quand j’ai commencé à dénoncer ouvertement mon agression sexuelle qui avait eu lieu dans une maternité. J’ai vraiment eu l’impression de commettre un sacrilège. Je me suis aperçue que les gens qui rejettent Dieu, l’adoration de la Sainte Vierge et les lieux de culte, considèrent la maternité comme un lieu sacré ! Quelle paresse intellectuelle, quelle manque d’honnêteté ! Quand j’ai raconté mon histoire pour la première fois, je me suis trouvée face à une émotion, une rage, une agressivité que je n’avais jamais rencontrée avant. J’ai eu l’impression de me trouver face à un groupe de fidèles qui découvrent le leur curé ou leur gourou n’est pas un surhomme. Par la suite, j’ai souvent tenu des propos agressifs, ironiques, déplacés, provoquants, que ce soit sur le blogosphère, les forums, ou même parfois dans la vraie vie. Je me suis cruellement moquée de la manière dont la majorité des Français abordent la maternité, et je sais que j’ai touché à un sujet extrêmement sensible. Au cours des procédures comme dans mes écrits, ma vérité a blessé beacoup de gens, qui se sont dits « humiliés », « atterrés », « anéantis », et que sais-je.

Comme si ce n’était pas assez, j’ai même transgressé les règles de bonne conduite des milieux féministes, parce que de toute façon je suis une bien mauvaise féministe. Je me suis ouvertement moquée de la laideur physique et de « l’imbaisabilité » des juristes femmes qui assurent la défense des agresseurs sexuels au tribunal. Je sais que c’est ignoble, mais je l’ai fait, et probablement je vais continuer de le faire. Je ne suis pas encore prête à présenter mes excuses. Un jour, peut-être, je pourrai m’excuser de ma façon de dire les choses, mais jamais je ne m’excuserai du contenu de mes propos.

Je crois que nous pouvons tous nous trouver dans une situation, où nous ne pouvons pas être entièrement diplomates et constructifs. Nous pouvons éprouver une envie irrépressible de nous moquer de quelqu’un ou de quelque chose. Nous sommes tous des blasphémateurs en puissance. La liberté de la parole est vitale, sinon on s’étouffe. Bien sûr l’objet ou la victime de la moquerie a le droit de riposter, mais attention ! La riposte doit être graduée en fonction de l’attaque. On ne riposte pas à une image ou une bande dessinée avec un fusil d’assaut, en tuant les dessinateurs et quelques inconnus au passage ! Non ! A l’ironie, on répond par l’ironie, à des caricatures par des caricatures, à un argument par un contre-argument. C’est là la différence entre un fanatique dangereux et un bon citoyen, quelle que soit sa confession.

Je suis odieuse, je suis ignoble, je suis Charlie, et je suis pour la liberté de parole !
Bonne année à tous ! En particulier à tou(te)s les musulman(e)s ordinaires de mon entourage, qui ne veulent qu’une vie normale et paisible ! Soyez assurés de mon amitié !

Bonne rentrée, avec un peu de retard !

La rentrée s’est bien passée : il fait beau, l’école des enfants se passent bien, et j’ai trouvé une petite activité à temps partiel qui me plaît. La vie est belle, et les journées sont trop courtes. Je reviens toujours régulièrement sur ce blog, mais je n’arrive plus à écrire. J’ai l’impression que pour le moment, je n’ai rien d’intéressant à dire, aucune nouvelle à annoncer. C’est plutôt un bon signe. Pour l’instant, je vous laisse lire et digérer tranquillement mes billets précédents. Il y a de quoi faire 🙂 Je continue de suivre mon blog, et, c’est promis, je vais bientôt publier quelque chose. A très bientôt, mes chers lecteurs. Bientôt je vais fêter le 3000ème visite 🙂

Bonnes vacances d’été !

Plus que deux jours, et tous les enfants seront enfin en vacances ! L’aîné, qui a fini sa classe de sixième, profite déjà pleinement de cette liberté estivale. Les trois autres supportent courageusement la chaleur dans les salles de classe. On sent que c’est la fin, ils en ont marre. Moi aussi, d’ailleurs. J’attends avec impatience le départ, les valises sont faites.
Pendant deux mois, je vais pouvoir déconnecter l’ordinateur et les neurones. Le blog reste en ligne, mais je ne viendrai pas vérifier les commentaires aussi souvent que d’habitude. Le prochain billet doux-amer, qui sera consacré au féminisme, attendra la rentrée. En ce moment je suis tellement occupée par les préparatifs des vacances que je n’arrive pas à formuler mes idées d’une manière cohérente.
Alors mes chers lecteurs, merci pour ces quelques mois ! Mon compteur affiche déjà plus de 1600 visites, autant dire que je suis heureuse d’avoir autant de succès !
Passez de très bonnes vacances, reposez-vous bien ! A toutes celles qui attendent des bébés pour ces prochaines semaines, vous êtes dans mes pensées ! J’ai eu la chance d’avoir deux bébés d’été. Je vous souhaite surtout un été raisonnablement doux, avec quelques courants d’air rafraîchissants, et de belles naissances respectueuses.
A très bientôt, au plus tard à la rentrée !

Couac my tits UMP, ou ma lettre ouverte à la droite française

En attendant la très hypothétique prochaine audience, j’ai le temps de régler les comptes avec tout le monde. Je commence par la droite. (AVERTISSEMENT : Je ne vise pas l’ensemble de la bourgeoisie française, il y a toujours des exceptions qui confirment la règle. Je pense notamment à quelques amies catholiques que je connais depuis un certain temps ; que ceux qui ne sont pas visés, ne se fâchent pas !) J’aurais préféré écrire « f*** my tits », mais je me suis dit que ça ne serait pas raisonnable, pas très chrétien, et en plus j’aurais des ennuis avec WP. Donc, hack my tits !
Chers amis de la « France d’en haut », je vous côtoie assez souvent : je suis parent d’élève active dans le collège et école privés de mes enfants, et en plus je suis souvent invitée à des cocktails dans le milieu professionnel de mon mari. C’est dire que je commence à vous connaître ! Vous me voyez toujours souriante et polie, mais vous vous doutez certainement que je ne dis pas tout, que je cache des choses, comme vous aussi d’ailleurs.
A priori, j’ai tout pour être votre amie : j’ai grandi dans un milieu où toute ma famille était plus ou moins de centre-droite libérale, version nordique bien sûr, mais quand même. Dans ma jeunesse j’ai eu l’occasion de visiter quelques pays communistes, et cette expérience m’a tellement marquée que j’ai été vaccinée à vie contre toute forme de marxisme. Pas mal, non ? Je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous dites que les sosos détruisent les entreprises, là vous avez toute ma sympathie. Mais voilà, ma sympathie s’arrête là.
Vous connaissez très bien les besoins des entreprises, et c’est très bien. Le problème, c’est que dans tous les autres domaines, vous êtes totalement nuls, et c’est dommage pour votre crédibilité, et c’est même dommage tout court.
Dans un autre billet, j’ai raconté longuement ma procédure à l’Ordre des Médecins. J’ai été révoltée par ce simulacre de justice, et je me demande comment cela est encore possible au 21ème siècle. Il se trouve j’ai googlé les membres des deux jurys qui ont jugé mon affaire, et parmi les membres, il y avait quand même plusieurs militants UMP. Avez-vous une idée de ce que je pense d’eux ? Des has-been ridicules qui ne servent à rien ! D’ailleurs c’est l’existence même de cet ordre professionnel qui me choque ; crée sous Vichy, il aurait dû être dissout il y a longtemps. Pourquoi une telle aberration existe encore ? Parce que la droite, et aussi une partie de la gauche modérée, le permet. Pourquoi il n’y a que la nébuleuse extrême-gauche-écolo qui dénonce le scandale ? Chers amis de la droite française, vous vous ridiculisez, vous faites honte à votre pays.
Bien sûr vous avez appris à être un peu féministes, vous avez remarqué que ça marche bien de nos jours. Vous dénoncez volontiers les violences faites aux femmes dans les transports en commun et autres lieux publiques. Très bien, c’est important, et je suis parfaitement d’accord. L’ennui, c’est que vous ne reconnaissez pas les autres formes de violences. Dans l’immense majorité des affaires d’agressions sexuelles, le profil de l’agresseur ne correspond pas à l’image classique du « voyou », cet « individu suspect » qui sévit dans le métro, les parkings et les ruelles sombres. Bien sûr je ne veux pas nier la réalité de la violence de rue, et je veux exprimer toute ma sympathie et mon soutien aux victimes. Seulement, il ne faut pas oublier que seuls 5% des agressions sexuelles se passent dans ces conditions. Beaucoup plus de femmes sont agressées à la maison, à l’hôpital, ou sur le lieu de travail. Mais vous n’en avez rien à faire, puisque ce n’est pas conforme avec votre idéologie.
Depuis que j’ai été victime d’agression sexuelle à la maternité, je m’intéresse aux questions de la naissance respectueuse, et je découvre qu’en France, c’est un sujet très idéologique. La naissance respectueuse est un thème qu’on cultive beaucoup dans les milieux de gauche-écolo-bobo-altermondialiste. En France, il n’y a qu’eux qui ont encore deux neurones connectées ? En France, il faut être soso-coco-écolo pour s’intéresser au respect de l’intégrité des femmes ! Non mais.
Depuis ces derniers temps, vous insistez beaucoup sur l’importance de la différenciation des sexes, et vous dénoncez les dérives d’une prétendue « théorie du genre ». Très bien, mais soyez logiques ! Vous voulez qu’une femme ressemble à une femme, mais si vous croisez une femme comme moi, qui ai une poitrine volumineuse, vous me regardez de travers parce que vous trouvez cela un peu mauvais genre, limite vulgaire. Vous avez peur que je vous vole vos maris à l’occasion d’un cocktail à cent balles ? Sérieusement, vos pauvres bonshommes ne m’intéressent pas. Vous n’aimez pas que je porte ma veste de tailleur déboutonnée parce qu’on voit trop bien ma silhouette. Vous ne comprenez pas que si je boutonne ma veste, c’est cent fois pire ! Il faut être une femme, mais pas trop, parce que trop c’est trop. Vous affirmez haut et fort que vos ventres ne sont pas des caddies. Très bien ! Mais je ne vous ai jamais vus dénoncer les dérives de la tradition obstétricale française, paternaliste et misogyne, qui considère la femme enceinte comme un objet, une non-femme. Vous êtes scandalisés par les plages naturistes, et vous avez peut-être raison, même si les gens qui y vont, le font par choix, sans contrainte, et sans rien imposer aux autres. Cette forme de nudité vous choque, mais vous n’êtes pas du tout choqués par les mises à nu violentes et les gestes excessivement invasifs qu’on impose aux femmes dans certaines maternités. Pour vous c’est un non-sujet qui n’a pas d’importance. Les militantes féministes soso-coco-écolos sont plus intélligentes que vous.
F*** my tits, UMP ! Je dis ça, je suis de droite !
Voilà, j’étais peut-être un peu directe, désolée. Dans mon prochain billet, je vais adresser deux-trois mots à mes amies féministes de gauche. A très bientôt…

La procédure civile : la suite et peut-être la fin ?

Hier, c’était la date prévue de l’audience du tribunal civil. Une fois de plus, l’audience n’a pas pu se tenir. A vrai dire, cela m’est égal. Depuis le temps que l’affaire traîne, que je me suis habituée à cette éternelle attente. Je ne suis même plus pressée de voir de jugement, car je suis sûre que la décision sera défavorable.

Pour résumer un peu cette longue histoire…
Je mets en route la procédure civile avec mon premier avocat, en même temps que les autres procédures.
Je passe une expertise, que j’ai racontée dans l’un de mes précédents billets.
https://blondepulpeuse.wordpress.com/2014/01/09/lexpertise/
Le rapport et mes observations sont transmis au tribunal… Ensuite, mon premier avocat est décédé. Entre temps les procédures ordinale et pénale avancent lentement.
Je trouve un nouvel avocat, à qui je confie la suite de mon affaire.

Lors de notre premier entretien, il remarque la même chose que j’avais déjà remarquée au début : l’expert que le tribunal avait désigné n’est pas compétent. Dans cette affaire, il n’est pas question de la technique opératoire ou de séquelles physiques. Il s’agit de séquelles psychiques, qui résultent des faits qui ne laissent pas de trace matérielle. Dans ces cas, les tribunaux désignent généralement un expert psychiatre, dont la mission est de se prononcer sur l’état mental de la plaignante, sur sa crédibilité. Ici, bizarrement ce n’est pas le cas. Je dois demander un complément d’expertise. Pour appuyer cette nouvelle demande, j’aurai besoin d’un nouveau rapport médical. L’avocat m’envoie vers un médecin spécialiste de la victimologie.

J’obtiens un rendez-vous pour la fin des vacances d’été. Je traverse la ville pour me rendre au cabinet médical avec mes deux plus jeunes enfants. C’est le jour de leur anniversaire ! Tiplouf reste dans la salle d’attente avec la secrétaire, il fait un dessin avec un gâteau d’anniversaire. Couafarel peut venir avec moi, il ne comprend pas encore. L’entretien dure une heure, le médecin prend des notes, et commente aussi le rapport d’expertise. Selon lui, je souffre bel et bien d’un stress post-traumatique, non pas d’une psychose. Ouf !

Quelques semaines plus tard, je reçois le nouveau rapport, et mon avocat remet la procédure en route. La date de l’audience est reportée deux fois : Dr VieuxPépère est parti sans laisser d’adresse, abandonnant aussi son avocat. Les lettres d’assignation n’arrivent pas au destinataire. Finalement un nouveau cabinet prend en charge la défense du vieux gynéco, et l’audience a enfin lieu, un an après la première assignation. Peu après, le verdict tombe. Le complément d’expertise est refusé. Je suis déçue. Je fais appel à cette ordonnance, mais je dois d’ores et déjà soumettre le fond de l’affaire au jugement sans l’avis d’un expert psychiatre. On me donne même une date pour l’audience… et depuis, je n’ai pas de nouvelles.

Je soutiens les victimes du « gynécologue d’Alès »

http://www.midilibre.fr/2014/03/05/ales-le-gyneco-sanctionne,830484.php

D’abord, il y a eu l’affaire très médiatisée du célèbre Dr Hazout. C’est peut-être cette prise de conscience qui a permis à d’autres victimes dans d’autres villes, de trouver le courage de s’exprimer. Début 2014, la presse a publié quelques articles sur les agissements d’un gynécologue qui exerce à Alès (je précise, je ne suis pas concernée par cette affaire, et je n’ai jamais habité ni consulté de médecin dans cette ville). Les victimes avaient même ouvert une page Facebook, qui apparemment n’existe plus. Grâce à ces sources, nous avons appris que ce praticien a eu des propos et des gestes déplacés, voire même des relations sexuelles, avec plusieurs de ses patientes. Les témoignages allaient de l’anecdotique au plus grave. Finalement, deux personnes ont porté plainte auprès du procureur et du conseil départemental de l’ordre des médecins.

Selon le dernier article du Midi Libre, l’instance disciplinaire régionale de l’ordre des médecins a rendu son verdict : un blâme pour «manquement aux dispositions du Code de la Santé Publique ». Cela peut paraître léger pour ceux qui ne connaissent pas le déroulement d’une procédure disciplinaire. Ici, les plaignantes ont quand même la chance d’avoir des preuves sous forme d’aveux, certes partiels. Le médecin avoue avoir eu des rapports sexuels avec ses patientes dans son cabinet ; seulement il prétend qu’il s’agit de relations consenties.

Et là, nous avons encore droit à quelques approximations, comme seuls les journalistes savent faire.

« Un dossier qui devrait comporter plusieurs rounds ». Euh, comment ça, des « rounds » ? Après la décision de la première instance, l’une ou les deux parties peuvent faire appel, dans un délai d’un mois. Est-ce le cas ? La même affaire sera aussi traité devant une juridiction pénale, par contre là il ne s’agit plus d’un « round » supplémentaire, mais d’une tout autre procédure.

« Le médecin… a décidé de poursuivre, pour dénonciation calomnieuse, devant le tribunal correctionnel d’Alès, les deux victimes présumées qui ont porté plainte contre lui. » J’adore ce style de coquilles ! Le médecin a plutôt porté plainte pour dénonciation calomnieuse, c’est ce qui arrive d’ailleurs souvent dans les affaires d’agression sexuelle. Mais ce n’est pas lui qui décide de poursuites. Il n’y a que le procureur qui poursuit ! Et seulement une fois que toutes les personnes concernées ont été interrogées dans le cadre de l’enquête préliminaire.

Il y aura une audience au tribunal correctionnel le 16 mai. A suivre…

Je souhaite bon courage aux plaignantes. Ne baissez pas les bras ! Je pense bien à vous !

Joyeuses fêtes de Pâques et à très bientôt !

La modération de ce blog sera interrompue les jours qui viennent parce que je pars en vacances.
J’ai déjà plein d’idées que j’ai très envie d’exprimer, mais pour le moment, une semaine de repos s’impose.
Je reviendrai début mai, avec un ou deux nouveaux billets. A toutes celles qui attendent des bébés pour ce printemps, je souhaite de très belles naissances respectueuses, et du beau temps à tous !
Passez de très bonnes fêtes de la Résurrection !
A très bientôt !

40+

A quarante ans, il y a des choses qu’on ne devrait plus faire si on ne veut pas passer pour une ado attardée. Un procès pour agression sexuelle en est une. Une plaignante qui a vingt ans, c’est un peu logique quelque part. Mais une vieille poufiasse qui en a quarante, pour qui elle se prend ? Qu’est-ce qu’elle a de plus que les autres ? Dès le départ, l’opinion publique est à priori hostile.
Le seul avantage par rapport à une plaignante plus jeune, c’est qu’à 40 ans, on est plus sûre de soi, on s’exprime avec plus d’assurance et moins d’émotion. Ceux qui crient d’habitude à la mythomane névrosée, sont vite impressionnés par une femme affirmée et élégante, en bonne situation, qui a dû s’organiser et payer des honoraires pour aller au tribunal, et qui s’exprime calmement avec une voix audible. Du coup, comme l’hypothèse de la névrose mythomaniaque juvénile ne tient plus la route, on en trouve d’autres, de plus solides : une vengeance personnelle ? Ou bien un véritable complot qui vise à détruire un établissement ou un individu ? (Là, je vous laisse imaginer le générique de Dallas ou de X-Files, c’est comme vous voulez !) Au moins ça a le mérite d’être flatteur ! Mais l’idée qu’une femme de quarante ans (bon d’accord, un peu moins au moment des faits, mais quand même), mère de famille en plus, ait pu attirer un obsédé sexuel, alors là non, mais non quoi !

Cette incrédulité s’exprime souvent dans les petites phrases assassines que j’ai désormais l’habitude d’entendre. Bien sûr j’évite de parler de mon affaire autour de moi, même à des gens qui me connaissent, car je sais que le sujet est délicat. Mais parfois je suis obligée de lâcher le morceau, surtout si on me questionne avec insistance sur les raisons de mes voyages inopinéss. La réaction de l’interlocutrice ne se fait pas attendre (eh oui, les « perles », ça vient toujours des femmes de 40-50 ans):
« Mais c’est incroyable ! »
– Mmouaais merci. Ca veut dire quoi au fait ? Si j’étais une étudiante de vingt ans, est-ce que vous le trouveriez tellement « incroyable » ?
« Mais il est malade ! »
– Mmmmmmouaaais…. Comme ça, pour tripoter une has-been comme moi, il faudrait être carrément malade. Merci… Franchement, ça me met mal à l’aise. Si on laissait les expressions les plus extrêmes là où elles appartiennent, dans le domaine de la pathologie justement ? Ne serait-ce que par respect pour toutes celles qui ont réellement été victimes des gens malades, que sont entre autres les pédophiles et les tueurs en série. Il y a bel et bien une échelle de gravité, il y a agression et agression.
« T’a vraiment pas eu de chance ; ce style d’agresseur ne trie pas ses victimes, il profite de l’occasion pour passer à l’acte ».
– Merci infiniment. Si ç’avait été mon vieux caniche, ils lui auraient fait la même chose, ces salopards ! Bouaaah, la vie est vraiment trop inzuste !
« On dirait que t’as minci » (phrase banale en soi, mais répétée régulièrement depuis que j’ai dit que je suis en procès)
– Heuuu… ça veut dire qu’au moment des faits j’étais grosse, c’est ça, et que beurk ? Bon d’accord, je sais que je devrais perdre un peu de poids, et pour tout dire, il m’arrive de faire des régimes de temps en temps. Seulement, je ne veux pas faire n’importe quoi n’importe comment, et surtout pas maigrir trop vite ; j’ai une belle poitrine que j’ai envie de conserver malgré (ou devrais-je plutôt dire grâce à) toutes les (més)aventures qu’elle m’a value au cours de ces années. J’ai ma méthode régime + exercices, mais je ne le développerai pas davantage ici, par peur de passer pour une bimbo décérébrée (parce que être une bimbo décérébrée à 41 ans, ça craint !). Donc vous inquiétez pas, la situation est sous contrôle !

Et puis il y a la perle de toutes les perles, l’ultime arme des donneuses de leçon : le « ON ». Là, mon expérience est proche de celle des femmes qui ont fait des bébés à la quarantaine passée, et qui ont droit au grand « on » plusieurs fois par jour. « On » n’est plus très jolie, « on » a tel ou tel défaut, « on » n’est plus attirante, « on » a dépassé l’âge, « on » a tellement de soucis plus graves. L’emploi du « on » est tellement pratique : pas besoin de dire « tu », qui est plus agressif. C’est plus poli de s’inclure soi-même dans le groupe qui est visé. Que pourrais-je faire, sinon faire poliment semblant d’être d’accord ? (Argh !) La date de péremption est dépassée, il y a un âge pour tout. Nous, on le sait, n’est-ce pas.

Non mais sérieusement, je sais que vous avez juste envie de me dire : « Espèce de vieille moche, tu oses dire que tu intéresses encore les hommes ?! » C’est normal, n’ayez pas honte de le dire. Allez, tou(te)s ensemble ! A la une, à la deux, à la trois :
« ESPECE DE VIEILLE MOCHE, TU OSES DIRE QUE TU INTERESSES ENCORE LES HOMMES ?! »
Ouf, ça fait du bien de le dire !