Moi aussi, je suis Charlie !

Je suis Charlie. Et non, je n’ai jamais été lectrice de cette publication que je trouvais plutôt médiocre quoique parfois amusant. Je ne suis pas de la même famille politique –mais pour tout dire je n’ai pas de famille politique, donc voilà. Certains dessins étaient d’un mauvais goût, mais en même temps j’ai toujours aimé les livres de Charb, et je trouvais quand même un côté fort sympathique chez chacun de ces personnes qui ne sont plus parmi nous, mais qui nous ont laissé de bons souvenirs.
Une qualité que je ne peux pas leur nier, c’est qu’au moins ils ont été égalitaires dans leurs provocations qui visaient les religions. Aucune n’a été épargnée, toutes ont été traitées avec le même goût de la provocation.( J’ai vu leur une sur la « vraie naissance de Jésus », qui a apparemment heurté la sensibilité d’un bon nombre de catholiques. Ce dessin met en scène la vierge Marie allongée sur le dos, les jambes écartées, mais avec la tête de l’enfant Jésus devant quand même. Pour moi, qui suis de confession luthérienne et originaire du grand nord, cette image n’est pas franchement blasphématoire. Je la qualifierais plutôt de catho-formatée, de ringarde et de médiocrement pitoyable. Pourquoi ? Parce que tout le monde sait que Jésus est sorti par voie naturelle, et que par la suite, Marie a eu d’autres enfants. Rien de bouleversant dans tout cela. Par contre, ce qui m’agace dans ce dessin, c’est que Marie accouche en position gynécologique, allongée sur le dos les jambes écartées devant les regards. En réalité, cette façon d’accoucher n’a été inventée que des siècles plus tard, puis quasiment abandonnée, sauf notamment en France et aux USA, où on la voit encore dans quelques maternités. C’est dangereux et dégradant pour la femme, et il n’est pas étonnant qu’il y ait une certaine corrélation entre cette pratique et la culture de viol obstétrical. J’espère au moins que les catholiques qui se sont fâchés devant ce dessin, le fassent à bon escient : s’il vous est choquant de voir la vierge Marie représentée ainsi, il devrait en être de même pour toutes les autres femmes. J’entends encore parler des maternités catholiques où on accouche systématiquement en position gynéco. Ca, c’est choquant. )

Ceci étant dit, et la petite parenthèse fermée, je pense que je suis quand même un peu Charlie. Je suis coupable d’une sorte de blasphème, aussi. Non pas contre les religions ; je crois en Dieu à tel point que dans ma jeunesse, j’ai même envisagé de devenir pasteure. Il ne me viendrait pas à l’idée de me moquer des convictions religieuses des autres, aussi différentes soient-elles. Mais il y a d’autres domaines où j’ai bien l’impression de franchir les lignes. Dans un pays laïque comme la France, où le spirituel est cantonné à la sphère privée, il y a quand même des tabous et des choses qui ont quelque chose de sacré. Je m’en suis bien aperçue quand j’ai commencé à dénoncer ouvertement mon agression sexuelle qui avait eu lieu dans une maternité. J’ai vraiment eu l’impression de commettre un sacrilège. Je me suis aperçue que les gens qui rejettent Dieu, l’adoration de la Sainte Vierge et les lieux de culte, considèrent la maternité comme un lieu sacré ! Quelle paresse intellectuelle, quelle manque d’honnêteté ! Quand j’ai raconté mon histoire pour la première fois, je me suis trouvée face à une émotion, une rage, une agressivité que je n’avais jamais rencontrée avant. J’ai eu l’impression de me trouver face à un groupe de fidèles qui découvrent le leur curé ou leur gourou n’est pas un surhomme. Par la suite, j’ai souvent tenu des propos agressifs, ironiques, déplacés, provoquants, que ce soit sur le blogosphère, les forums, ou même parfois dans la vraie vie. Je me suis cruellement moquée de la manière dont la majorité des Français abordent la maternité, et je sais que j’ai touché à un sujet extrêmement sensible. Au cours des procédures comme dans mes écrits, ma vérité a blessé beacoup de gens, qui se sont dits « humiliés », « atterrés », « anéantis », et que sais-je.

Comme si ce n’était pas assez, j’ai même transgressé les règles de bonne conduite des milieux féministes, parce que de toute façon je suis une bien mauvaise féministe. Je me suis ouvertement moquée de la laideur physique et de « l’imbaisabilité » des juristes femmes qui assurent la défense des agresseurs sexuels au tribunal. Je sais que c’est ignoble, mais je l’ai fait, et probablement je vais continuer de le faire. Je ne suis pas encore prête à présenter mes excuses. Un jour, peut-être, je pourrai m’excuser de ma façon de dire les choses, mais jamais je ne m’excuserai du contenu de mes propos.

Je crois que nous pouvons tous nous trouver dans une situation, où nous ne pouvons pas être entièrement diplomates et constructifs. Nous pouvons éprouver une envie irrépressible de nous moquer de quelqu’un ou de quelque chose. Nous sommes tous des blasphémateurs en puissance. La liberté de la parole est vitale, sinon on s’étouffe. Bien sûr l’objet ou la victime de la moquerie a le droit de riposter, mais attention ! La riposte doit être graduée en fonction de l’attaque. On ne riposte pas à une image ou une bande dessinée avec un fusil d’assaut, en tuant les dessinateurs et quelques inconnus au passage ! Non ! A l’ironie, on répond par l’ironie, à des caricatures par des caricatures, à un argument par un contre-argument. C’est là la différence entre un fanatique dangereux et un bon citoyen, quelle que soit sa confession.

Je suis odieuse, je suis ignoble, je suis Charlie, et je suis pour la liberté de parole !
Bonne année à tous ! En particulier à tou(te)s les musulman(e)s ordinaires de mon entourage, qui ne veulent qu’une vie normale et paisible ! Soyez assurés de mon amitié !

Bonne rentrée, avec un peu de retard !

La rentrée s’est bien passée : il fait beau, l’école des enfants se passent bien, et j’ai trouvé une petite activité à temps partiel qui me plaît. La vie est belle, et les journées sont trop courtes. Je reviens toujours régulièrement sur ce blog, mais je n’arrive plus à écrire. J’ai l’impression que pour le moment, je n’ai rien d’intéressant à dire, aucune nouvelle à annoncer. C’est plutôt un bon signe. Pour l’instant, je vous laisse lire et digérer tranquillement mes billets précédents. Il y a de quoi faire 🙂 Je continue de suivre mon blog, et, c’est promis, je vais bientôt publier quelque chose. A très bientôt, mes chers lecteurs. Bientôt je vais fêter le 3000ème visite 🙂

Bonnes vacances d’été !

Plus que deux jours, et tous les enfants seront enfin en vacances ! L’aîné, qui a fini sa classe de sixième, profite déjà pleinement de cette liberté estivale. Les trois autres supportent courageusement la chaleur dans les salles de classe. On sent que c’est la fin, ils en ont marre. Moi aussi, d’ailleurs. J’attends avec impatience le départ, les valises sont faites.
Pendant deux mois, je vais pouvoir déconnecter l’ordinateur et les neurones. Le blog reste en ligne, mais je ne viendrai pas vérifier les commentaires aussi souvent que d’habitude. Le prochain billet doux-amer, qui sera consacré au féminisme, attendra la rentrée. En ce moment je suis tellement occupée par les préparatifs des vacances que je n’arrive pas à formuler mes idées d’une manière cohérente.
Alors mes chers lecteurs, merci pour ces quelques mois ! Mon compteur affiche déjà plus de 1600 visites, autant dire que je suis heureuse d’avoir autant de succès !
Passez de très bonnes vacances, reposez-vous bien ! A toutes celles qui attendent des bébés pour ces prochaines semaines, vous êtes dans mes pensées ! J’ai eu la chance d’avoir deux bébés d’été. Je vous souhaite surtout un été raisonnablement doux, avec quelques courants d’air rafraîchissants, et de belles naissances respectueuses.
A très bientôt, au plus tard à la rentrée !

Joyeuses fêtes de Pâques et à très bientôt !

La modération de ce blog sera interrompue les jours qui viennent parce que je pars en vacances.
J’ai déjà plein d’idées que j’ai très envie d’exprimer, mais pour le moment, une semaine de repos s’impose.
Je reviendrai début mai, avec un ou deux nouveaux billets. A toutes celles qui attendent des bébés pour ce printemps, je souhaite de très belles naissances respectueuses, et du beau temps à tous !
Passez de très bonnes fêtes de la Résurrection !
A très bientôt !

Joyeux 13 mars !

Aujourd’hui, le 13 mars 2014, nous célébrons le 25ème anniversaire du Web. J’étais en dernière classe de collège quand le Web a vu le jour ! Autrement dit, je suis vieille (rires)… J’ai remarqué que les jeunes d’aujourd’hui confondent Internet et Web, comme si c’était des synonymes. En fait, Internet existe depuis les années 70 (désolée, je ne me souviens plus des dates précises). Au début, c’était une messagerie informatique destinée aux militaires, ensuite aux universités et aux grandes écoles, avant de s’ouvrir progressivement au grand public.
Dans les années 80, j’avais déjà appris les bases de l’informatique : MS-DOS de Microsoft à l’école, et l’univers Apple Macintosh à la maison. C’était d’ailleurs les premiers ordinateurs qui utilisaient une interface graphique avec icones et souris. A l’époque, une connexion au réseau était encore trop coûteuse pour les particuliers.
Je me souviens encore de ma première connexion à Internet. C’était à la fac en Finlande en 1992. On avait deux salles informatiques avec une douzaine de postes. Le système d’exploitation était Unix ou Sun, il y avait deux serveurs. Au tout début, on n’avait même pas d’interface graphique, seulement du texte sur un fond noir, et il fallait déplacer le curseur avec les flèches et appuyer sur Enter, puis taper des commandes, un peu comme on faisait sous MS-DOS. Internet sans Web, c’était quoi ?! Il y avait la messagerie, avec une adresse personnelle du même format qu’aujourd’hui, et des « newsgroups » pour échanger des infos et des idées. Les utilisateurs étaient essentiellement des étudiants et des chercheurs, surtout en Europe du Nord, aux US et en Australie. Les discussions ressemblaient beaucoup à ceux qu’on voit aujourd’hui sur les forums : parfois constructifs, souvent animés, sur des sujet allant du plus futile au plus sérieux. C’était passionnant, même si c’était vraiment l’ère préhistorique du réseau !
Au cours des années 90, j’ai ensuite découvert le vrai Web, avec l’adresse « www » et les liens hypertextes. Le coût a baissé progressivement, et la connexion individuelle est devenue accessible au commun des mortels. J’ai eu mon premier modem en -97, je me souviens encore du bip-bip-brrrrr. C’était les bons vieux temps ! J’ai participé à des forums littéraires en direct, j’ai également fait des rencontres intéressantes. J’ai même rencontré mon mari sur AOL ! Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent connaître… !
J’ai beaucoup utilisé le Web dans mon travail, et j’ai même travaillé un temps dans une start-up, à l’époque du premier boom internet. Ensuite, quand j’ai arrêté de travailler pour m’occuper de mes enfants, je suis restée connectée au monde grâce au web.
Aujourd’hui, l’accès au web est devenu un enjeu majeur pour la démocratie et les droits de l’Homme. C’est particulièrement vrai dans les pays émergents, et dans les pays qui sont encore dans la dictature. Quant à nous, les citoyens des pays riches, nous avons l’immense chance de publier nos idées sur ce qu’on appelle aujourd’hui les blogs.
Dans la situation où je suis (et attention, je suis consciente que mes problèmes perso sont très dérisoires comparés à ceux que connaissent les habitants des pays pauvres !), les échanges virtuels m’ont beaucoup apporté. En cherchant un peu, j’ai réussi à me mettre en contact avec d’autres victimes. Grâce à ce merveilleux outil qu’est le blog, je peux publier sous couvert d’anonymat (ou plutôt de pseudonymat, ce n’est pas tout à fait la même chose) ce que je veux, quand je veux. C’est un immense avantage par rapport à la presse. En effet, je n’ai jamais eu envie de médiatiser mon affaire par le biais de la presse traditionnelle. Je pense que si un journaliste de la presse régionale écrivait quelques lignes sur cette affaire, ça serait forcément très réduit et déformé. Il y aurait peut-être un petit scandale, mes adversaires donneraient leur version aussi, avec toujours les mêmes mensonges, et après quelques heures de buzz et de grandes émotions, tout se solderait par des réflexions de café du commerce sur les comptoirs des bars du coin. C’est donc précisément le contraire de ce que je veux.
Ce que je veux, moi, en tant que victime, c’est de contribuer avec ma petite expérience personnelle à une réflexion de fond sur notre façon d’aborder la maternité. J’ai aussi envie d’échanger sur mon expérience de justiciable, car depuis le début des procédures, j’ai été choquée par le décalage entre les stéréotypes de l’opinion publique et la réalité de la Justice. Sur ces sujets, j’ai encore beaucoup de choses à dire. Merci WordPress, merci mes lecteurs !!!

Merci et à très bientôt !

J’ai ouvert ce blog il y a un mois et demi. Cela fait bien plus longtemps que je suis en procès, et j’ai rédigé une bonne partie des textes au cours de ces années, en les modifiant et retravaillant plusieurs fois. Je n’ai vraiment osé sauter le pas que cette année, quand les procédures sont presque terminées.

Le bilan de ces premières semaines est très positif : plus de 300 visites, mais aucun spam ni insulte. C’est cela que j’appréhendais le plus au début ; le sujet est assez délicat, et le risque est que mes réflexions fâchent surtout celles et ceux qui ne sont pas visés. Je m’attendais à une avalanche de colère et d’insultes, mais jusqu’à présent, je n’ai jamais eu besoin de supprimer des commentaires. Sur ma page de statistiques, je vois le nombre de visiteurs, les pages lues, les liens grâce auxquels les lecteurs ont trouvé ce blog, et les pays où se trouvent mes lecteurs. Voilà ce que je sais sur vous. C’est à la fois beaucoup et peu. Vous êtes anonymes, assez nombreux, et je vous aime bien. Merci à vous tous, merci de m’avoir lue ! Grâce à vous, je me sens soulagée d’un poids, j’ai pu dire des choses qui me travaillaient depuis longtemps déjà.

A l’approche des vacances d’hiver, je vous dis à bientôt ! Dans les jours à venir, je ne pourrai pas forcément me connecter. Je reviens début mars, et j’ai encore beaucoup de choses à vous raconter, l’histoire n’est pas fini. A très bientôt !